Parce que c'est pas toujours simple... On me reprochera plus de pas donner de nouvelles !
Mercredi 25 juillet
Réveil en catastrophe par les coups de poings massifs de Wali sur notre porte : « Je pars pour Kébémer, debout ! ». Dix minutes plus tard, nous voici donc tous les 5 dans l’Audi de Wali (une très jolie Audi, ce qui est remarquable dans ce pays où les voitures ne ressemblent plus à rien au bout de 6 mois…) en direction du grand dispensaire pour rendre une visite surprise au dentiste local…
Malheureusement, ce dernier semble très occupé et ne nous accorde pas plus de 10 petites minutes ; le temps pour nous de faire le tour de sa salle de soin, de remarquer qu’il possède plus de matériel que ce que l’on imaginait (puisqu’il était en pleine préparation du ciment de son patient lors de notre furtive interruption), et de lui offrir quelques boîtes de brosses à dents.
Une fois dehors, nous en profitons pour visiter le centre de soin. Celui-ci est plutôt bien organisé et, (surprise !) les soins dentaires ne sont pas si chers. Par exemple : compter 1000 cfa pour une avulsion ! [la baguette de pain est à 85 cfa]
Nous flânons, pas longtemps, sous un soleil acide, le temps d’effectuer quelques petites courses [Will s’achète une carte de téléphone portable Tigo, ce qui revient beaucoup moins cher que l’option internationale des opérateurs français], avant de se mettre en quête d’un taxi, et de se frotter à tous ces fins négociateurs que sont les taxi-drivers…
Finalement, nous décidons de rentrer en taxi-brousse, sans se presser puisque surchargé (20 pers. pour un van à 10 places environ).
Après le repas, pas très léger – œufs, oignons et chips à la crevette, le tout baignant dans 1.5 L d’huile par personne -, un petit thé dégusté à l’ombre, et nous nous remettons au boulot.
Petit rythme, nous ne voyons que 25 personnes, mais nous sommes plus organisés, l’esprit d’équipe se développe, tout le monde met « la main à la pâte » pour faire un peu de tout.
Nous finissons à 19h45. Bilan : encore des cas difficiles, une jolie cellulite, et 2 - 3 enfants terrorisés. Nous avons aussi assisté (de l’extérieur, puisque ces séances sont privées…) à une circoncision réalisée sur un enfant de 5 ans sans anesthésie à en juger par ces cris.
Jeudi 26 juillet
Le dépistage commence dès 15h, et très peu de gens sont au rendez-vous. Normal, ici la vie s’interrompt entre 11h30 et 16h30, eh oui !... il fait trop chaud.
Nous ne faisons tourner qu’un seul bureau avec l’aide de Saliou, notre pote qui joue l’interprète. Puis les enfants arrivent en masse et nous nous organisons alors en 2 équipes grâce à Sally qui vient nous
aider.
Beaucoup d’enfants ne viennent nous voir uniquement pour obtenir une brosse à dent, et de la « pâte » tant convoitisée (du dentifrice, quoi !).
Une vingtaine de jeunes filles s’installent sur notre terrasse et mettent l’ambiance. Elles chantent, elles dansent, elles rient : « Damassa Dakar , Thiep Bou da yassan, ‘Yay, ‘Yay meniekh »*, justement, cette chanson endiablée a le pouvoir de les rendre toutes hystériques !
Nous en profitons pour leur enseigner notre petite chanson, écrite par nos soins, sur l’hygiène bucco-dentaire.
Traduction de la chanson qui change les fillettes sages en véritables pestes : "Mon riz est trop sec, maman, maman, mets-moi de la sauce". Oui, moi aussi, j'en suis tombée des nues, avant de trouver ça totalement ridicule ! Ils sont plein d'humour ces gens...
Vendredi 27 juillet
Wali nous a organisé un petit entretien avec Bouri, une des institutrices du village. Elle s’avère très sympa, dynamique, motivée et emballée par notre projet.
Elle nous aide à la traduction de notre chanson et d’autres expressions utiles lors de nos consultations. Nous lui expliquons ce que nous comptions faire lors de nos causeries. Bouri nous aide à mieux les organiser, tout ceci prend forme petit à petit… Première causerie prévue pour lundi matin, l’heure de vérité. Serons-nous suffisamment clairs ? Les villageois seront-ils intéressés par nos discussions ?